Exposition "Madame Grès : la couture à l'oeuvre", au Musée Bourdelle, du 25 mars au 24 juillet 2011
Pas de photographies de mode, ni de photos d'oeuvres posées sur des mannequins ; l'affiche de cette exposition est le résultat d'une "scannérisation" d'une robe Grès. C'est assez curieux au premier abord de voir le vêtement un peu écrasé, puis on s'habitue, et finalement c'est très plaisant d'admirer l'objet en tant que telle, d'admirer simplement sa structure. En y regardant de plus près, je me suis aperçue que ce cliché est de Katerine Jebb, photographe de mode anglaise travaillant à Paris, qui utilise beaucoup par ce procédé : elle est connue pour avoir réalisé les visuels de l'excellent album de Tori Amos "The Choir Girl Hotel".
L'origine de cette exposition est une importante donation de la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent de dessins de Madame Grès, de près de 3000 pièces. C'était donc très intéressant de voir pour la première fois autant de dessins regroupés, certains à peine esquissés, annotés, d'autres beaucoup plus travaillés. Egalement beaucoup de magazines et photographies de présentées, dont certaines de Willy Maywald, Boris Lipnitzki, Jean Moral ou encore Henri Clark.
Bien sûr, est présenté ici un certain nombre de robes drapées, ces créations qualifiées "d'indémodables" ; même si, pour ma part, ce n'est pas pas là que va ma préférence car je pense quand même que certaines d'entre elles n'ont pas très bien vieillies... Ce qui est indéniable, c'est le travail particulier pour élaborer ce type de vêtement. Quelques informations prises dans l'exposition :
"Sa technique, surnommée de nos jours "plis Grès" est une suite de plis plats profonds. Grès déteste couper dans le tissu et utilise un jersey de grande largeur, spécialement réalisé pour elle à partir des années 1960 par Racine. Les ouvrières spécialisées, appelées "drapeuses" réduisent donc, grâce à cette technique, le lé de 280 cm de large à 7 cm seulement. Cette technique incroyable explique la très grande envergure des jupes qui atteignent parfois 21 mètres de circonférence."
Malgré l'exposition très prometteuse d'une toile dès la première salle et le sous-titre de l'exposition "la couture à l'oeuvre", je suis pourtant restée sur ma fin car je m'attendais à voir justement un peu plus l'aspect "couture". Et ce n'est pas le reportage à peine audible, filmé dans les années 1980 et diffusé dans la dernière salle qui m'en apprendra plus. Bon, c'est vrai il y quand même un certains nombres ouvrages lui étant entièrement consacrés très documentés. En contrepartie, j'ai tout de même eu une petite récompense vers la fin de l'exposition : un carnet, tenu comme un journal, avec les noms des clientes et leurs mensurations dont une certaine Paloma Picasso... J'adore la façon dont les mesures étaient annotées en haute-couture à cette époque !
Voilà, pour finir d'autres vues de l'exposition, celles du Grès indatable (une d'entre elles ressemble vraiment à une pièce de Rei Kawakubo !), du grand travail de coupe, d'utilisation inattendue de matières, et notamment son travail de coupe sur les tissus écossais.
Madame Grès
Wonderful retrospective Grès by the Musée Galliéra, but exhibited in the Musée Bourdelle, a sculpture museum, because Galliéra is undergoing renovation. Very good idea to scenography the pieces in each place of this museum between the sculptures mainly when we know that Grès first wanted to be a sculptor. In fact, she just learnt sewing in 3 months in 1934, what an efficient lessons at that time !
The exhibition poster was an impression of a scanner made by Katerina Jebb, fashion reporter, who frequently used this process in her work (she is famous for having done images for Tori Amos' album The Choir Girl Hotel).
The source of this exhibition is a donation of drawings by Pierre Bergé - Yves Saint Laurent's Foundation who gives nearly 3000 pieces. So, it was very interesting to see for as far as so many pieces at the same time : some of them are just a little sketched and the other part are really sophisticated. There is also a lot of famous photographs by Willy Maywald, Boris Lipnitzki, Jean Moral, Henri Clark.
Of course, there is a lot of draped dress, creation usually called out of fashion, even if I think that a part of them seems a little out of date...But it's undeniable that there is a real savoir-faire behind this tehnique that was explain in the exhibition :
"Her technique, called today "Grès Pleats" is a combination of deep flat pleats. She hated cuttins the material and use a special jersey, realized for her since 1960 by Racine. The semi-skilled workers, called "drapeuses" reduce, by this technique, a breath of 280 cm only to 7cm. This incredible technique explains why the very large span of skirt can get at 21 meters of circumference."
I was a little bit disappointed because the subtitle of the exhibition is a play on world with "needlework" and "work of art" so I expected a lot of sewing details. There was just a toile-canvas on display, and a TV report but the sound wasn't very good and I was very fustrated. A little reward was the little notebook where was written the name and the measurements of clients : a princess and Paloma Picasso ! And I also like the way the measurements was detailled at that time.
So here are some pictures of pieces of Grès that cannot be dated (one of them really look like Rei Kawakubo dress !), great tailoring pieces, and her peculiar use of tartan.

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